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 lutte contre le plagiat dans les travaux universitaires

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MessageSujet: lutte contre le plagiat dans les travaux universitaires   Jeu 8 Aoû 2013 - 23:39

Citation :
Jean-Noël Darde, chasseur de plagiaires

Enquête Le chercheur engagé contre le copier-coller prend sa retraite, mais entend désormais faire de son blog une plateforme participative.

Par VÉRONIQUE SOULÉ

Il a démonté un à un les plagiats du grand rabbin Bernheim, qui a fini par démissionner, accéléré la chute de la présidente de l’université de Polynésie, Louise Peltzer, qui avait pompé Umberto Eco, rendu publiques des thèses universitaires plagiées parfois de A à Z… Avant de prendre du recul, Jean-Noël Darde - dont le blog, Archéologie du «copier-coller», fait référence - dresse un sombre bilan de sa traque : «Malgré des affaires retentissantes, au finale, rien ne bouge. Le plagiat est toléré à l’université, quand il ne bénéficie pas de complicités en haut lieu.»

Le 31 août, Jean-Noël Darde, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à Paris-VIII Saint-Denis, prendra sa retraite. Il va quitter son université, et certains, qu’il a mis en cause, le verront partir avec soulagement. Son blog, créé fin 2009, va rester ouvert. Mais Darde veut en faire un site participatif où tous - plagiés, témoins - pourraient exposer des cas dûment argumentés. Car il reste, selon lui, encore beaucoup de travail à faire. «Le plagiat existe chez les étudiants et chez les enseignants-chercheurs, explique-t-il, et c’est naturel : pourquoi ce secteur serait-il à l’abri de la délinquance ? Ce qui est spécifique à l’université, c’est l’impunité dont il jouit, en France plus que dans bien des pays. Les enseignants-chercheurs plagiaires ou complices sont presque toujours couverts. Je ne connais qu’une section universitaire active, celle de droit public.»

pile-poil.La dernière affaire sur laquelle Jean-Noël Darde travaille - à sa façon, tenace et tatillonne, en surlignant les passages plagiés, les sources originales reproduites à côté - est édifiante. Il s’agit de la thèse d’un étudiant algérien soutenue en 2011 à l’université de Lyon-III, intitulée la Mise en œuvre de l’accord d’association Algérie-Union européenne dans les perspectives du respect des droits de l’homme. Au bas mot, estime Darde, elle est aux deux tiers plagiée. Le recopiage, sans citer de source ni mettre de guillemets, commence dès les remerciements. S’adressant à son directeur de thèse, l’actuel recteur de l’académie de Montpellier, Christian Philip, Ziad L. écrit : «Je vous remercie d’avoir su me soutenir dans les moments difficiles et me "calmer" dans les moments d’euphorie. Vous m’avez appris la rigueur et la concision, toujours dans la bonne humeur.» C’est pile-poil ce qu’écrivait Valérie G. dans une thèse de 2009 consacrée aux comportements des consommateurs à l’université Paris-Dauphine.

Dans le texte de Ziad L., Jean-Noël Darde a découvert un joyeux fourre-tout, avec des pages entières pêchées dans des documents officiels : un rapport de la Cour européenne des droits de l’homme, une note de l’ambassade algérienne à Toronto… Parfois, l’auteur les agrémente d’«ensuite», de «parfois», mais on trouve 22 pages recopiées d’affilée. Ce cas a été transmis par des enseignants-chercheurs algériens, outrés de voir que, grâce à sa thèse, son auteur avait décroché un poste à la fac d’Oran. Le président de Lyon-III a diligenté une enquête, précise Darde sur son blog, mais la thèse figure toujours sur le site de l’université. Il s’étonne aussi de la «distraction» des membres du jury et du directeur de thèse, d’éminents juristes qui n’y ont vu que du feu.

Beaucoup n’ont rien remarqué non plus (ou n’ont pas voulu) à Toulouse, Nancy, Amiens… Jean-Noël Darde a beaucoup travaillé sur son université, Paris-VIII, où il a découvert plusieurs thèses plagiées. Il fustige l’indulgence complice des plus hauts responsables - un directeur de laboratoire, la commission de déontologie et même la présidence de la fac. Ces pratiques, qui ont toujours existé, ont pris une ampleur inquiétante. Les nouvelles technologies permettent de faire des miracles, mais les logiciels antiplagiat dont commencent à s’équiper les établissements sont incapables de tout détecter.

Frais d’avocat.La pression sur les doctorants et sur les enseignants-chercheurs les pousse à publier toujours plus, dans l’espoir d’être mieux évalués. Des procédures disciplinaires existent. «Lorsque le Cneser [le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, ndlr] est saisi, les sanctions tombent et sont sévères, souligne Darde, mais il l’est rarement. Il existe une solidarité entre les enseignants-chercheurs. Notamment si la thèse a déjà été soutenue : le jury ne veut pas se désavouer. Il faut ajouter la crainte d’entacher l’image de l’université.»

Le plagié, lui, reste très mal protégé. Il ne peut saisir la commission disciplinaire de sa fac, ni le Cneser : seul le président de l’université le peut. Pour obtenir justice, il doit aller en justice. Souvent, il recule devant les frais d’avocat. Le plagiaire sanctionné, lui, peut faire appel et alors bénéficier de l’assistance juridique gratuite de sa fac. Pour Jean-Noël Darde, la loi sur l’enseignement supérieur qui vient d’être votée aurait pu être l’occasion d’un débat sur ce problème endémique. «Une occasion ratée», regrette-t-il. Mais pas question pour lui de tout lâcher : «J’irai jusqu’au bout des cas que j’ai ouverts.»

http://www.liberation.fr/societe/2013/07/22/jean-noel-darde-chasseur-de-plagiaires_920066
son blog
http://archeologie-copier-coller.com/

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