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Faites partager vos extraits de livres...

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MessageSujet: Faites partager vos extraits de livres...   Jeu 10 Juil - 13:49

Voici un topic que j’avais créé il y’a longtemps sur Jeniaise. L’idée c’est de faire partager un extrait (long ou pas) d’un bouquin.

Voici un extrait du bouquin que je suis entrain de lire en ce moment, c’est une histoire vraie, une autobiographie d’un homme qui à grandi orphelin, au Québec, balloté de foyers en foyers puis qui va connaître une vie difficile dans le milieu des gangs et de la drogue qui va le conduire en prison. En sortant de prison, il se désintoxe (seul !) puis va à Paris et le hasard le conduit à Médecins sans frontières, puis ça vie prend un tournant…

Hier soir, j’ai lu un passage qui m’a vraiment marqué… Oliver Twist c’est quasiment un comte de fée à côté.
Voici le passage...


« le lendemain, une voiture est venue me chercher. On a reprocher au couple de m’avoir laisser seul et en danger.
Ce départ-là à été le plus déchirant de tous. Je m’accrochais désespérément aux barreaux de mon lit. Lorsqu’on à connu le malheur, on sait reconnaître le bonheur, et surtout, on sait que la chance ne frappe jamais deux fois. Encore moins pour un batârd…

C’est après que j’ai connu ma pire famille.
C’était pourtant une famille bien. Dans le Richelieu, à une trentaine de kilomètres au sud de Montréal. La mère était reconnue pour son œuvre humanitaire et caritative. Je revois encore ce grand certificat accroché fièrement sur le mur à côté d’un drapeau du Québec. La famille H… hébergeait une vingtaine de trisomiques.
La maison était immense. Et c’est derrière, dans la cour entourée d’une haute clotûre, que les trisomiques étaient parqués pour la journée. À se promener à vélo, à jouer au ballon. Derrière la petite aire de jeu, il y avait une roulotte.
Je me souviens de mon arrivé, quand Mme H… nous à fait faire le tour du propriétaire. La roulotte. Le beau foyer. L’immense chambre avec vue d’un côté sur les champs et l’autre sur la cour, l’extase.
Ravi, je me frottait les mains en la regardant signer les documents de la prise en charge. Mr. Paquin, lui, avait remis mon sac avec les habits neufs qu’on nous donnait quand nous changions de foyer.
L’homme, à peine sorti, elle à repris ma veste restée posée sur le magnifique lit, et elle m’a emmené à la buanderie. Derrrière les machines à laver, il y avait un lit pliant. « Voici ta chambre ! » m’a-t-elle lancé. Je n’ai jamais défait mes valises. J’y suis resté pourtant près de huit mois. J’avais à peine dix ans.
Je fesais le ménage, je tondais la pelouse. Ils se servaient de moi pour faire tout ce qu’ils voulaient. Et quand je dis tout, je veux dire tout.
La cruauté de cette femme n’avait pas de bornes. Un de ses fils avait imaginé un jeu qui consistait à tourner dans la cour sur ses patins et à me rentrer dedans, comme au roller-derby. J’avais un seul droit : celui de recevoir des coups. Un jour, j’en ais eu marre, je me suis esquivé et le garçon à fini sa course dans la clôture. J’ai ri en le regardant grimacer de douleur.
Le soir, en me dirigeant vers ma chambre, je n’ai pas vu arriver le coup. La claque m’a soulevé du sol et expédiés quelques marches plus bas. La tête en compote et la vision complètement obscurcie.
- Je ne veux plus jamais t’entendre rire de mon fils !
Un autre soir, voulant m’apprendre à manger comme les gens civilisés, elle m’a fait asseoir à côté d’elle sur une banquette avec un couteau et une fourchette dans les mains. Et des les premiers gestes, les coups se sont mis à pleuvoir. Vlan, ce n’est pas comme ça qu’on tient un couteau. Re-vlan, tu as ouvert la bouche trop vite. Re-re-vlan, on ne mâche pas la bouche ouverte.
- Tu es un fils de pute. Tu es un fils de pute, Marc. Est-ce que tu connais la définition d’une putain ? C’est ta mère. Je vais t’éduquer, moi !
Je me souviens aussi du réveillon de Noël. Tout le village s’y préparait fébrilement. Les guirlandes encombraient l’entrée de la maison. Le grand sapin étincelait au milieu du salon. Au pied de l’arbre, il y avait plein de cadeaux emballés dans du papier brillant.
Mon nom était inscrit sur une petite boite. Une voix me disait que c’était une montre. Une Timex, j’en étais persuadé. Rien ne pouvait m’enlever cette certitude. Et, à ce moment-là, quand on à dix ans, on oublie tout, on pardonne tout. Les brimades, les coups, les insultes. On à la cœur en fête et les yeux rivés sur la boite mystérieuse. Elle me paraissait du coup belle et humaine, Mme H…
La grande famille est arrivée. Je ne l’ai pas vue, car on m’avait caché. Le cocktail s’est tenu dans la rallonge derrière la maison. Devant le foyer. Moi, entre temps, je montais les tables et j’arrangeais la grande salle pour le repas. Les convives ont rappliqué pour le gueuleton.
Mme H… m’a discrètement demandé de venir la retrouver dans la roulotte. Elle m’a dit, avec un air de conspiratrice, qu’elle avait une mission de la plus haute importance pour moi : veiller sur les braises du foyer.
- Les flammes vont bientôt s’éteindre, ensuite il restera la braise. Surveille-la bien pour qu’elle ne mette pas le feu à la maison. Quand elle sera complètement éteinte, viens nous rejoindre !
Je m’étais installé devant la grande baie vitrée. En face, je voyais tout le clan qui festoyait. La musique jouait fort, les gens dansaient. Et moi, j’étais dans un coin déserté à surveiller les braises.
J’ai compris. Je m’était fait avoir. Des envies de meurtre ou de pyromanie m’ont traversés l’esprit.
En fin de compte, je me suis endormi devant la fenêtre.
Le lendemain au réveil, il y avait une petite fumée qui montait encore du foyer. J’ai remis mon manteau et je suis entré dans la salle de fête. Les papiers et les bouteilles vides jonchaient le sol. J’ai filé droit vers l’arbre et j’ai pris mon cadeau. De nouveau, j’ai tout oublié, tout à la joie de la montre que j’allais arborer.
Mme H… a entendu mes pas et elle est descendue. Nous étions donc seuls dans la pièce. Elle m’a adressé un sourire radieux.
- Joyeux Noël, mon Marc. Désolée que les braises aient pris tant de temps à s’éteindre. Mais tu as fait du bon travail ! Tu peux ouvrir ton cadeau.
Je ne me suis pas fait prier et j’ai déchirer le papier d’emballage. Ce n’était pas une montre. C’était un savon.
Elle à éclatée de rire :
- Tu vas pouvoir te laver mon petit bâtard !

Quand j’ai eu vingt-deux ans, j’ai pensé aller la tuer, pour qu’elle cesse de hanter mes nuits. Un jour, j’ai pris ma Harley et suis descendu dans le Richelieu. Avec mon pistolet dans la poche arrière de mon pantalon. Je me suis arrêté devant la maison. La clôture qui entourait la cour dans laquelle elle parquait ses trisomiques n’y était plus ; j’en ai conclu qu’elle n’en avait plus à sa charge.
Je me suis vu frapper à la porte. Elle venait m’ouvrir. Je ne lui laissais pas le temps de dire un mot. Je lui vidais un chargeur en entier de mon arme à bout portant. Je la voyais s’affaisser sans grâce, sans vie, sur le sol. Je l’enjambais, reprenais ma moto et rentrais en ville. J’en jouissais presque.
Le temps s’est arrêté. Le face-à-face entre ma Harley et cette porte qui me rappelait tant de souffrances à durée une éternité. Je ne suis pas descendu de moto. Je me suis dit que ça n’en valait plus la peine. Elle m’avait eu. Elle avait réussi à me détruire. Je n’avais pas besoin d’aller la descendre pour comprendre que l’éducation qu’elle m’avait donnée avait fait de moi la pourriture que j’étais devenu. Le pistolet à la main, je savais qu’elle avait gagnée sur toute la ligne. Je ne lui offrirais pas en plus le privilège de foutre en l’air mes vingt-cinq prochaines années. J’ai fait démarrer ma moto et je suis repartie à Montréal. Je me suis débarrassé de l’arme dans un fossé au bord de la route.
»
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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Jeu 10 Juil - 21:52

Ce topic à été vue 21 fois mais...
Pas d'réaction ? scratch
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Dernière édition par Bitteulze le Ven 11 Juil - 12:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Ven 11 Juil - 2:05

J'avais pas vu ce topic ^^
Ca fait vraiment mal au coeur, on a du mal à s'imaginer que ce genre de chose puisse être possible...
Tout le monde n'a pas la chance de naitre dans un cocon...
Belle leçon en tout cas, faudra que je pense a me procurer ce bouquin, si tu pourrais me dire le nom...
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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Ven 11 Juil - 12:38

Merci pour ta réaction. Wink

La vérole a écrit:

Belle leçon en tout cas, faudra que je pense a me procurer ce bouquin, si tu pourrais me dire le nom...


Sans problème.
D'ailleurs, j'ai pensé à toi en lisant l'bouquin...
En lisant ce passage-ci plus exactement (ça s'passe au début des années 80, il avait 18/19 ans):

" Ils m'ont initiés à la structure de l'organisation et aux fonctions de tous ces gens qui rôdaient autour d'eux : les strikers, les prospects, etc. J'avais la tête rasée et je roulais sur une Harley-Davidson toute noire. Je portais des Dr. Martens et un pantalon de l'armée, au lieu d'arborer des Levi's et des bottes avec des chaînes sur les côtés. Je me rendais aux réunions de motards avec les bretelles et le pyjama de mon père. J'avais conscience d'être membre de la famille des hors-la-loi. Cependant, plus antiskinheads que motard. J'étais en fait redskin. D'abord je portais des lacets rouges à mes Dr. Martens. Ensuite, nous, les redskins, nous opposions au suprématisme blanc des skins. L'opprimé, le Noir, le Juif, c'est eux qu'on défendait. Pas de quartier pour leurs détracteurs, on fonçait. Notre devise : "Un pour tous, tous sur le même !". "

Le bouquin s'appelle Voyage au bout de l'Humanitaire et c'est de Marc VACHON.

Il est vraiment prenant c'bouquin, ce type a un putain d'vécu derrière lui. J'doit en être à peu près au quart du bouquin et c'est déjà une histoire chargé. J'ai hâte de lire la suite. study
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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Mer 23 Juil - 12:19

j aime bien sa facon d ecrire
faudra qu eje le trouve ne rentrant en france
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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Mer 23 Juil - 12:56

Ce qui me fait penser...t'en as profité pour dégoter quelques auteurs japonais intéressants, là-bas?
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Vous savez ce que j’vous dis, c’est à cause d’la recrudescence
Si tout le monde fait quesqu' y dit alors elle est belle la France!

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MessageSujet: Re: Faites partager vos extraits de livres...   Jeu 24 Juil - 1:13

tu veux dire,est ce que je lis en japonais...?tu me surestime un peu la shango chan
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